Pourquoi nous sommes en “malnutrition” ?

Pourquoi nous sommes en “malnutrition” ?

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1. La réduction des apports caloriques

L’un des changements les plus importants survenus ces dernières décennies dans les habitudes alimentaires a été la diminution des quantités caloriques consommées. Et oui, malgré l’obésité de plus en plus importante, nous mangeons moins de calories.

Entre 1965 et 1981, la consommation moyenne de calories a baissé de 15 %. La même évolution a été constatée dans d’autres pays, comme la Grande Bretagne où la ration moyenne a baissé d’environ 25 % entre 1970 et 1985. En 100 ans, on constate une diminution de près de moitié du nombre de calories ingérées chaque jour. On explique cette réduction spontanée de la consommation énergétique principalement par les modifications du mode de vie. La diminution du temps de travail, la mécanisation de nombreuses opérations, la généralisation des moyens de transport et des ascenseurs, le développement de l’équipement électroménager, l’installation de l’eau courante, les améliorations dans le domaine du chauffage et de l’habillement ont entraîné une très substantielle épargne des dépenses énergétiques.

Or, les micronutriments, vitamines et minéraux, sont apportés en même temps que les macronutriments énergétiques : protides, glucides, lipides.

2. La réduction de la densité micronutrionnelle

L’évolution a amené principalement une augmentation considérable des lipides aux dépens des glucides complexes. En 1939, les graisses représentaient 28 % de la ration calorique, en 1980 elles en représentent 42 %. Or, les glucides complexes sont accompagnés en moyenne de plus de vitamines et de minéraux que les lipides.

Donc, non seulement le nombre des calories a diminué, mais la qualité nutritionnelle des calories a diminué.

(montée des “calories vides” dénoncée par le fondateur de la nutrition en France le Pr Trémolières)

Aujourd’hui, environ 60 % de l’apport énergétique provient d’aliments riches en calories et pauvres en minéraux et vitamines et enrichis en sucres rapides, graisses saturées, trans et oméga six, sel et en molécules altérées (réactions de Maillart et polluants).

3. Les limites de l’alimentation

Les études de Mareschi utilisant des menus équilibrés « idéaux » tels qu’ils sont définis par les nutritionnistes démontrent qu’il n’est pas possible d’atteindre, avec moins de 2 500 calories, 80 % des apports recommandés pour la plupart des vitamines. Il faudrait au moins 2 700 calories équilibrées chez l’homme pour atteindre les apports recommandés en minéraux, et avec 2 000 calories équilibrées chez la femme et 2 500 calories équilibrées chez la femme enceinte, 80 % des apports recommandés en minéraux ne sont toujours pas atteints.

4. Facteurs de surutilisation nutritionnelle :

Facteurs génétiques, grossesse, croissance, infections, sport, concentration, stress, pollution, médicaments …

5. Facteurs génétiques

Des proportions importantes de la population sont porteuses de particularités génétiques qui, sans entraîner de pathologie aiguë à court terme, augmentent de manière très significative les risques de pathologie à moyen ou long terme. Or elles s’avèrent aussi modulables par des dispositions nutritionnelles. Certaines dyslipidimies d’origine familiale, l’hypertension essentielle, le diabète insulino-dépendant, mais aussi, et ce qui est encore insuffisamment connu, l’homocystinurie hétérozygote, ou la MTHF réductase thermolabile associée à une élévation dans le sang de l’homocystéine et à des risques d’accidents cardio-vasculaires précoces élevés, qui est aisément contrôlée par des supplémentations en vitamines B6, B9 et B12.

18 % de la population est porteuse du groupe HLA B35, associé à un défaut de rétention cellulaire du magnésium, qui entraîne chez elle un besoin augmenté non seulement en magnésium, mais en un cofacteur magnésio-fixateur comme la taurine.

En l’absence de cette compensation, les personnes concernées présentent une vulnérabilité au stress accrue, mais aussi des risques plus élevés de pathologies dégénératives liées au vieillissement. On sait de même qu’il existe des prédispositions génétiques pour nombre d’autres pathologies, par exemple le surpoids, le diabète, le cancer du colon, le cancer du sein, l’ostéoporose, les allergies, les pathologies auto-immunes, etc…

Ces facteurs de risques peuvent être repérés par l’interrogatoire : antécédents familiaux, antécédents personnels ; par l’examen clinique, sachant aussi que certains phénotypes présentent des risques augmentés, par exemple les femmes maigres à peau claire pour l’ostéoporose ; par les examens biologiques et complémentaires, par exemple dosages de la glycémie à jeun, du cholestérol total, de la Lp(a) – un facteur de risque d’athérosclérose et de thrombose d’origine génétique et indépendant du cholestérol –, ou la densitométrie osseuse, les marqueurs génétiques (médecine “prédictive” du Pr Jean Dausset)

A chaque type de facteur de risque correspondent des dispositions nutritionnelles et des besoins augmentés en certains micronutriments.

6. Les médicaments peuvent réduire l’absorption des micronutriments

Prochainement un article sur ce sujet…

Pierre Van Vlodorp